ORIGOLE 2010
Me revoilà reparti chez les Parisiens pour aller patauger dans la boue et affronté, pour la dernière fois, ce coup ci, c'est une certitude, l'ORIGOLE. J'étais venu l'année dernière pour prendre 2 points afin de pouvoir prétendre à l'UTMB et avec le recul, j'avais été agréablement surpris de ce qu'avait pu m'apporter cette course en terme d'expérience. C'est pourquoi au regard de la saison 2011 que j'ai programmé et de la fin annoncée de cette course, j'ai choisi d'y retourner afin de voir si mes efforts à l'entrainement fournis tout au long de l'année 2010 ont porté ses fruits. De plus, courir la nuit va m'apporter encore plus de confiance pour mes épreuves futures .
J'arrive à 18h30 au gymnase du Perray en Yvelines et je retire mon dossard avant d'aller m'installer dans les tribunes pour essayer de faire une petite sieste. Les coureurs arrivent petit à petit et le sommeil tant recherché ne vient, évidemment pas. Pas grave, je reste tout de même allongé et regarde tous ces bipèdes s'agiter autour de moi. Le speaker me reconnaît car lui et son amie sont venus chez nous cet été pour participer aux 100 km du morvan. Il m'interpelle et me demande de présenter notre épreuve. Exercice difficile pour moi, mais je m'y colle quand même, sans toutefois être à mon avis très convainquant. Ensuite viens l'heure du briefing fait par le fondateur de la course qui nous annonce un parcours humide mais gelé. On peut ressentir une émotion dans ses paroles en annonçant la fin de cette épreuve, de son épreuve, mais promet de revenir en 2012 pour une très grande, très longue surprise. Des rumeurs de gymnase annoncent en effet que toute l'équipe est en train de préparer un ultra, double Origole surement, à cette date.
Dehors, il fait -1 et la neige est omniprésente sur tout le parcours. Cela va s'avérer être un avantage car le blanc va nous guider dans la nuit froide.
23 heures, c'est parti pour une 1ère boucle de 29 km et 600 m+. Pas monstrueux, c'est vrai, mais bon, la prudence est de mise car cela ne fait que commencer. Tout se passe bien pour moi et je gère les bosses, les descentes, en m'appliquant à poser mes pieds là où il faut sans prendre de risque. J'ai vraiment l'impression de pouvoir accélérer mais je me raisonne en pensant à la suite. Je rentre pou la 1ère fois au gymnase au bout de 3h25 ( ½ heure de gagné par rapport à l'an passé) et je me ravitaille rapidement mais efficacement. Je change les piles de ma frontale et repart dans le froid après un arrêt de 5 minutes. La 2ème boucle mesure 25 km et présente 200 m+. Facile, vous me direz, mais attention quand même car cette partie à la particularité d'être très collante et très humide. J'en garde sous la semelle car la course ne fait que commencer. Nous sommes au 30ème kilomètres et tout va bien pour moi. Je m'enfonce parfois jusqu'aux genoux mais par rapport à l'édition précédente, je trouve le parcours plus roulant du fait que le sol soit gelé en surface, les appuis sont moins fuyants et plus surs. Il n'y a plus beaucoup de coureurs car le petit trail est terminé. On se retrouve donc « entre nous » et je passe plus d'une heure seul, dans la forêt de Rambouillet, sans voir âme qui vive. C'est ce que je préfère dans ces courses, seul contre la nature, qui plus est, la nuit dans le froid . Mais ça, c'est difficile à expliquer, il faut le vivre pour comprendre. Bref, j'arrive déjà au 2ème ravito que je quitte seulement au bout de 4 minutes. Je pointe, selon la bénévole qui gère le chrono en 20ème position. Mon challenge va être d'essayer de garder cette position jusqu'à l'arrivée.
A cet instant, la course commence vraiment. Il me reste 25 km mais 1000m+. C'est la partie la plus dure de cette nuit et elle va encore faire beaucoup de dégâts. Plus de 40 concurrents vont abandonner sur cette partie. Moi, je gère au mieux avec quelques douleurs aux quadriceps qui restes beaucoup moins importantes que lors de mes débuts, 2 années auparavant. Je ne vois personne sur cette boucle et je fais l'élastique avec la 1ère féminine. En effet, elle est plus forte que moi sur les partie plate et en descente, par contre, je la rejoins dès que le terrain s'élève. Elle va finir toutefois par me lâcher définitivement à 5 km du but. Petite hallucination visuelle d'une femme fumant un cigarette qui s'avère être un arbre biscornu lorsque je m'en approche. Les derniers kilomètres se font en périphérie du Perray en Yvelines et on croise des gens qui partent chercher leur pain à cette heure. Beaucoup nous regardent avec stupeur et une personne m'interpelle même en me demandant d'où je viens. Je prends le temps de lui expliquer mon parcours de la nuit et là, il me dit que nous habitons sur une autre planète que la sienne. Je lui réponds bien sur que non, que je fais partie du même monde que lui. Il m'encourage à en finir et m'applaudit chaleureusement. Cela me donne la pêche et j'accélère donc (au moins à 10 km/h) pour en terminer en 10h20. Le célèbre cadeau du « finisher » (une belle polaire), une bonne douche bien chaude, un beau petit déjeuner bien copieux puis après avoir salué l'organisation, je rejoins mes 3 femmes qui m'attendent patiemment pour une autre épreuve, celle des courses de Noël. Le sommeil attendra ce soir.
Plusieurs points positifs lors de ce week-end. Ma gestion de course qui, au fil des épreuves, s'améliore très nettement. J'ai toutefois fini en ayant l'impression d'en avoir encore sous la semelle. Mes douleurs musculaires apparaissent de plus en plus loin dans la course et je pense être en mesure de pouvoir enchaîner des épreuves de ce format en préparation sans que ce soit des objectifs principaux, ce qui est de bonne augure pour mes challenges futurs. Courir la nuit est vraiment un exercice particulier dans lequel je trouve un réel plaisir, surtout depuis que je possède une frontale digne de ce nom. L'ambiance qui règne sur cette course est plutôt sympa.
Les - , car ils y en a eu, ont été ma gestion d'avant course où je ne peux toujours pas arriver sans dette de sommeil accumulée les jours précédents, mon hydratation trop anarchique ce qui engendre trop d'arrêts dans la course pour « vidanger ». Je vais m'employer à améliorer ces 2 points pour le futur, mais si certains ont des trucs ou des suggestions, laisser moi des messages........
Voilà, ma saison 2010 est clôturée, maintenant place à 2011 et de nouveaux défis.





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