UTMB 2010 ou récit d'un week-end
loupé...........
Mercredi 25 aôut 2010. Nous arrivons à Chamonix toute la famille
et moi. Un peu de difficulté à trouver le camping qui sera notre
point de ralliement, à tous, durant ce week-end qui doit être
inoubliable. Il se situe à environ 6 km du centre ville de
Chamonix et est situé en face du glacier des Bossons. Après s'être
installé, les filles et moi décidons d'aller retirer mon
« packtage » nécessaire à mon « expédition » de
ce week-end. C'est cool d'arriver en avance, il n'y a pas la queue
au retrait des dossards. Sarah à le droit de passer avec moi (eh
oui, là c'est sérieux, juste le coureur et personne d'autre, mais
vu que les bénévoles sont encore bien détendus, elle me suit). La
personne qui me met la puce au poignet qui restera tout le week-end
propose d'en mettre une (factice) à Sarah. Elle semble vraiment
contente de cette attention car seulement les trailers l'ont. Sauf
que le bénévole lui sert un peu trop et que 2 heures après, nous
devons lui couper. Après cette anecdote, tout le monde rentre au
camping, non pas sans avoir fait un petit tour au salon du trail
situé en plein cœur de Chamonix.
Après une nuit peu reposante, notre matinée est consacrée à la
détente, ce qui s'avère difficile avec d'une part l'impatience qui
m'envahit et d'autre part tous les petits détails à régler
avant que la « tribu », ma « tribu »
arrive. Nous rejoignons la famille Dubreu à Chamonix, car la
veille, Valentin et Sarah se sont inscrits pour participer à des
courses réservées normalement aux enfants. La météo est bonne, il
fait chaud, très chaud et les apprentis traileurs s'en donnent à
cœur joie. Valentin court avec les premiers et Sarah se situe
dans le ventre mou du peloton. Tous deux arrivent heureux et s'en
vont récupérer leur petit cadeau de finisher et leur beau diplôme.
Ensuite, retour au camping ou chacun arrive à tour de rôle. D'abord
Laure et ses enfants accompagnés d'une amie future traileuse puis
arrive ensuite the Martin's Family, tout droit venant du Sud. Une
fois tout le campement installé, nous prenons notre repas puis
décidons d'aller se coucher après avoir élaborer la stratégie pour
me suivre le lendemain. Les prévisions météo ne sont pas
bonnes et dès le début de la nuit, la pluie commence à tomber de
plus en plus fort sur nous.
Quand le jour se lève, le ciel à changer de couleur et ce qui
est annoncé n'est pas très réjouissant. Je m'inquiète surtout pour
les filles qui vont devoir gérer tout le week-end des fuites dans
notre caravane. Je me dis que Thierry est là et que lui, s'il y a
galère il trouvera une solution pour protéger tout le monde.
Mon père et Bidou nous ont rejoints et tout le monde, sauf moi,
part faire un tour à Chamonix, afin de me laisser un temps calme
pour me reposer, ce qui sera bien entendu impossible. En tout cas,
premier merci à eux d'avoir fait cet effort de me
« laisser » plonger dans ma bulle, le temps qu'il faut.
Vers 16 heures , je décide qu'il est temps de se préparer et je
prend bien le soin de mettre correctement mes vêtements que je
quitterai, si tout va bien, seulement dans une quarantaine
d'heures.
A 17 h je rejoins le lieu de départ où ton « mon
team » m'attend et une fois les encouragements et
derniers bisous faits à tout le monde, ils me laissent pour aller
se poster à un premier ravito (Les Houches) afin qu'ils puissent
m'apercevoir dans la course. Donc, moi, je me retrouve seul face à
ce Mont-Blanc qui se dresse devant moi et dont je dois faire le
tour. Je décide de m'asseoir contre un mur et essaye de m'isoler un
peu en pensant aux images et pensées positives qui me serviront
lorsque mes petits coups de mou, ou de blues, viendront lors de ce
week-end.
Il est 18 h et je m'approche du départ qui est envahit par des
coureurs, leurs proches et j'aperçois sur beaucoup de monde de
petites larmes. L'émotion est palpable, on peut ressentir une
ambiance particulière, le bonheur d'être là, de réaliser pour
certains un véritable exploit après des semaines, des mois de
sacrifices. Je pense que toute la pression que chacun peut se
mettre, quelque soit son niveau de pratique, ressort à cet instant,
ce qui explique les pleurs, les embrassades....... A ce moment, je
réalise que je suis vraiment un privilégié d'être là, tout
simplement. Il faut pas que je l'oublie tout au long du challenge
qui m'attend. Rien que pour revivre encore cette heure avant le
départ, je reviendrai, mais ça, on en reparlera ........
18 h 30. Ca y'est, c'est parti !!!!! 2500 traileurs
sont lâchés dans les rues de Chamonix bondées comme lors d'un étape
du tour de France. Oups !!!! ca fait tout drôle de vivre un
moment comme celui là. Des tas d'enfants veulent nous taper dans
les mains , nous toucher, on a l'impression qu'on part pour
faire le tour du monde en courant, mais bon, j'essaye de ne pas me
laisser griser et relativise un peu, même si c'est cool de pouvoir
faire plaisir à plein de gamins admiratifs. Les 2 premiers
kilomètres se font en marchant tellement la foule est dense. Nous
avons juste un petit passage pour nous faufiler à travers ce flot
de spectateurs qui hurlent et nous souhaitent bonne course. Il
pleut des trombes d'eau et je décide de mettre ma veste raidlight
car ce n'est pas le moment, à mon avis, d'attraper froid. Je
navigue à 8 km/h environ, ce qui a pour conséquence de me faire
doubler lors des 10 premiers kilomètres. J'essaye de me rassurer en
me disant que ce n'est pas grave, pour l'instant, ce n'est que de
l' échauffement, la course va commencer dans 80 km.
Difficile tout de même à accepter, mais bon, je laisse passer les
« plus rapides » que moi. Je pense à la louche être situé
à peu près vers la 2000ème place. Je n'ai que pour
l'instant, une seule préoccupation : la première barrière
horaire qui se situe Aux Contamines à 32 km de là. Là-bas, j'aurais
toute la famille DUB qui m'attends pour voir si tout va bien. Je
prévois de m'arrêter un petit ¼ d'heure pour rester avec eux, donc
gère ma course en conséquence.
J'arrive Aux Houches et commence à regarder si j'aperçois ma
troupe. En effet, c'est par là qu'ils devraient être. Je commence à
grimper sec et personne pour l'instant. Je me dis que vu la météo
(pluie forte et vent), ils ont préférer rester au camping. Cela
m'étonne de Thierry mais bon, en fait je trouve cela plus
raisonnable. Peu de temps après, je vois notre voiture de
garer sur un parking, juste avant d'attaquer le premier col. Et
bien non, ils ne sont pas raisonnables, ils sont là malgré le temps
de chien qui règne ici. Je monte, monte encore et personne. Ils
n'ont tout de même pas grimper jusque là avec Zoé dans le sac à dos
et d'un seul coup, je vois une canne à pêche avec un petit fanion
au bout s'agiter (ça, c'était notre code avec thierry pour que je
puisse les réparer car beaucoup de monde). Ils sont là, ça fait
vraiment plaisir, même si mes capacités mentales ne sont pas encore
entamées. Je prends plein d'énergie pour plus tard, embrasse mes
filles et Sophie et repart avec Thierry qui va m'accompagner encore
un petit peu. Qu'est-ce que ce serait cool de partager ça avec lui,
mais bon, on verra plus tard, il a d'autres soucis à régler, mais
je suis sur qu'un jour, on partagera des moments comme
ça !!!!!!! Bref, revenons à « nos moutons ». Je suis
en train de franchir la 1ère difficulté du parcours qui
passe comme une lettre à la poste. A 1800 m, il fait froid, mais ça
va, que des bonnes sensations pour l'instant. Je vais entamer la
descente sur St Gervais qui s'annoncent selon certains locaux,
glissante. Donc, je décide de ne prendre aucun risque et descend
tranquilou en veillant de bien poser les pieds. Ce sera dommage de
se blesser maintenant, mais malheureusement, j'en vois déjà
qui abandonnent. Là, c'est vraiment dommage pour eux, mais bon,
c'est aussi ça la course. Je reçois un coup de fil de la part de
mon père et Bidou qui m'attendent à St Gervais qui me dit que
là-bas, ils entendent que la course est arrêtée. Je trouve cela
bizarre qu'ils me fassent une blague de ce genre à cette
endroit . Je ne fais pas attention à cela et me concentre
toujours à descendre correctement. Coup de fil de Thierry que je
capte à moitié mais je comprends qu'il me dit lui aussi que la
course est arrêtée. Gloup !!, je ravale ma salive et là, je
commence à paniquer un peu. Surtout qu'autour de moi, tous les
portables sonnent pour donner la même info. La course est arrêtée à
St Gervais en raison des conditions météo qui règne en
haute-montagne et des coulées de boue se seraient produites plus
loin sur le parcours . Je décide d'accélérer un peu pour
rejoindre le ravito de St Gervais afin d'en savoir plus. J'apprends
que mon père et Bidou sont rentrés se mettre au chaud car la pluie
à redoubler d'intensité et qu'ils ne pourront de toute façon, pas
me voir. En effet, c'est fini, selon le speaker, la course est
stoppée, tout le monde arrête. Là, tout s'effondre autour de moi.
J'appelle Thierry et Sophie pour qu'ils viennent me chercher
rapido. Les rues de St Gervais sont pleines de coureurs en
larmes, abattus . Je m'assois sur le trottoir et regarde, un
peu hébété, tout ce monde qui s'agite. Thierry et Sophie
arrive ; je m'engouffre dans la voiture et Thierry récupère au
passage 2 traileurs canadiens qui attendent un transfert à
Chamonix. Là, au fil de la discussion, on apprend que pour eux, ils
sont venus exprès du Québec, et surtout on fait leurs courses
qualificatifs aux Etats-Unis depuis 2 ans . J'imagine leur
déception et suis surpris toutefois de leur self-control. Nous
arrivons à Chamonix puis ensuite, nous retournons au camping où
tout le monde m'attend pour connaître mes premières impressions.
Tout mon team est évidement déçu et moi, je ressens un sentiment de
tristesse , aussi bien pour moi, mais aussi pour toute mon équipe
qui avait pour certains organisé leur fin de vacances en fonction
de mon objectif .
Je mange une gamelle de pâtes et vais me coucher en prenant
soin d'étendre mon portable (tiens !! bizarre !!).
Lorsque je me lève après une nuit très agitée, je rallume mon
téléphone et m'aperçois que j'ai un SMS de l'organisation qui
indique qu'une course de repli est mise en place à 10 heures au
départ de Courmayeur. Il est 8h30 et toutes mes affaires sont
trempées dehors. Je n'y crois pas vraiment et de toute façon, il
m'est impossible de me re concentrer car trop « d'éléments
extérieurs » entrent en compte. La pluie est présente et toute
la famille est fatiguée de toutes ces péripéties. Je suis tellement
déçu que je décide de tout ranger et de rentrer au plus vite chez
nous afin d'oublier le plus rapidement possible ce week-end
GALERE.
Une fois tout chargé, nous prenons la route vers notre Morvan,
non sans penser, pour ma part, à l'endroit où je devrais être à ce
moment, si tout c'était dérouler comme prévu. Après 5 heures de
route, nous arrivons chez nous et je suis, malgré ma déception qui
est ENORME, satisfait que les filles soient au sec et chez
elles.
Les points négatifs de ce week-end ont bien sur été dans un
1er temps, l'arrêt de la course, la METEO POURRIE, la
communication de l'organisation qui dans un 1er temps
nous dit que la course est arrêtée et non suspendue, puis ensuite,
en pleine nuit, envoie un pseudo message qui invite seulement 1000
concurrents pour une course de repli, un peu inadapté à mon goût.
Soit tout le monde repart, soit personne............ Les sponsors
sont là et il y a tellement d'autres paramètres qui rentrent en jeu
avec une organisation comme celle-ci. Après tout, rien ne m'oblige
à y participer. Le monde également présent dans les rues de
Chamonix trop petites pour l'occasion, mais bon, ça aussi, c'était
prévu !!
Mais, malgré tout, il y a quand même eu des points positifs à
cette »virée ». Les paysages qui vous invitent à les
parcourir, les frissons ressentis surtout au départ
et l'expérience de la gestion d'avant course qui ne
sera pas la même si je reviens car je vais réessayer dès l'année
prochaine si le tirage au sort me sourit. Encore merci à tous ceux
qui m'ont accompagné tout au long de ce week-end, sur place et dans
les pensées et j'espère que tout ce petit monde pourra encore
m'accompagner l'année prochaine, c'est indispensable à ma
réussite..
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